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La couleuvre verte et jaune

Carte d’identité
Nom latin : Hierophis viridiflavus
Ordre : Squamate
Famille : Colubridé
Taille : 150 à 170 cm
Longévité : 10 à 15 ans
Description physique : Grande couleuvre colorée de noir et de jaune. Elle a de grandes écailles sur la tête, l’unique rangée d’écailles entre l’œil et la bouche, et la pupille ronde. Les juvéniles présentent un corps uniformément brunâtre avec des motifs marqués sur la tête, qui rappellent une jeune couleuvre d’Esculape ou une jeune couleuvre à collier. Elle ne possède pas de crochets inoculateurs de venin.
Répartition : Elle est présente sur les 2/3 de la France métropolitaine.
Alimentation : Elle se nourrit de rongeurs, lézards, serpents (dont des jeunes de sa propre espèce).
Habitat : Elle affectionne les milieux ouverts et secs. On la retrouve dans les bocages, les pelouses calcaires, les zones rocheuses, les haies, les friches, bords de voies de communication et plus rarement les zones humides. Thermophile, elle est souvent observée à l’entrée d’un buisson en train de se chauffer au soleil.
Carte d’identité

Reproduction et comportement : Espèce vive, puissante et peu farouche, cette couleuvre peut couvrir de grandes distances et grimpe bien. Au printemps, de violents combats entre mâles et également entre mâles et femelles sont observés. L’accouplement a lieu en mai les partenaires s’enroulent l’un autour de l’autre en gardant la tête dressée. La femelle pont entre 5 et 15 œufs dans le sol à partir de juin. Les jeunes couleuvres de 20cm naissent 6 à 8 semaines après.
Elle hiberne de fin octobre à début mars (en fonction des températures).
Prédateurs naturels : Les rapaces et mammifères carnivores sont les principaux prédateurs de la couleuvre verte et jaune. Les chats et chiens domestiques sont également des prédateurs particulièrement meurtriers pour les juvéniles.

Les menaces qui pèsent sur la couleuvre verte et jaune
La destruction et la fragmentation des habitats
L’urbanisation, le développement des infrastructures et l’intensification des pratiques agricoles provoquent la disparition progressive des forêts, des haies, des bocages et des zones humides indispensables à l’espèce. La fragmentation des habitats oblige les couleuvres à parcourir de plus longues distances pour se nourrir, se reproduire, s’abriter ou pondre. Ces déplacements accrus augmentent les risques (routes, prédateurs, dessèchement) et isolent les populations, ce qui fragilise leur diversité génétique.
La destruction des murets et colmatage des vieux murs
La destruction des murets en pierres sèches et le colmatage des vieux murs constituent une menace directe pour la couleuvre verte et jaune, qui utilise ces structures comme sites de thermorégulation, de reproduction et d’hibernation. Ces aménagements offrent une multitude de cavités et d’interstices indispensables à l’espèce. Leur disparition progressive, liée aux travaux de rénovation, à l’urbanisation ou à l’abandon des pratiques agricoles traditionnelles, entraîne une réduction significative des habitats disponibles.
Le dérangement dû à la fréquentation humaine
Le dérangement lié à la fréquentation humaine constitue une pression notable pour la couleuvre verte et jaune, espèce que l’on rencontre fréquemment dans les milieux péri-urbains et urbains tels que les jardins, les friches ou les talus. La proximité avec l’homme expose les individus à des perturbations régulières lors de phases biologiques essentielles comme la thermorégulation ou la reproduction.
La capture d’individus pour la terrariophilie
Bien que cette espèce soit protégée en France, elle fait l’objet de captures opportunistes dans le milieu naturel, favorisées par son comportement diurne et sa relative accessibilité. Ces prélèvements illégaux fragilisent localement les populations, en particulier dans les zones où l’espèce est déjà soumise à d’autres pressions.
La destruction directe par l’humain
Relativement présente dans les jardins, la couleuvre verte et jaune suscite la peur. Extrêmement grande et curieuse, elle se rapproche facilement des maisons. Lorsqu’elle se sent menacée, elle peut mordre et lâcher prise difficilement. Sa présence, sa curiosité et la peur qu’elle suscite lui vaut souvent d’être tuée bien qu’elle soit totalement inoffensive pour les humains (adultes et enfants) et les animaux domestiques.
Zoom sur
Classement
Au niveau mondial, français et en Nouvelle-Aquitaine, la Couleuvre verte et jaune est classée en préoccupation mineure.
Réglementation
La couleuvre verte et jaune est strictement protégée par la loi.
A l’échelle européenne, elle est inscrite à l’annexe II de la convention de berne et à l’annexe IV de la directive habitats.
A l’échelle nationale, elle bénéficie d’une protection par la loi de la protection de la nature du 10 juillet 1976 et par l’arrêté du 8 janvier 2021.
Ainsi, il est interdit sur tout le territoire national et en tout temps de détruire ou d’enlever les œufs ou les nids, de détruire, de mutiler, de capturer ou d’enlever, de naturaliser et qu’ils soient vivants ou morts, de transporter, de colporter, d’utiliser et de commercialiser cette espèce.

Comment aider la couleuvre verte et jaune dans sa commune ?
- Réduire la mortalité routière
- Identifiant les points noirs de mortalité sur le territoire grâce aux remontées des habitants et des associations naturalistes
- Aménageant des passages à faune sous les routes aux endroits stratégiques
- Réduisant la vitesse aux abords des zones à forte présence de reptiles
- Adapter la gestion des espaces verts communaux
- Adopter une gestion différenciée des espaces verts, en laissant certaines zones en herbe haute ou en végétation libre
- Décaler les périodes de fauche pour éviter de détruire les individus présents dans la végétation, notamment au printemps et en été
- Supprimer l’usage des pesticides et des rodenticides, qui appauvrissent les ressources alimentaires de la couleuvre et contaminent la chaîne trophique
- Installer des tas de bois, de pierres ou de feuilles mortes dans les parcs et jardins publics pour créer des microhabitats favorables
- Préservation des zones naturelles
- Maintenir et replanter des haies composées d’essences locales, qui constituent à la fois des corridors de déplacement et des zones de chasse
- Conserver les murets en pierre sèche et les tas de pierres, qui offrent des abris thermorégulateurs indispensables à l’espèce
- Préserver les zones de friches et de végétation spontanée, notamment en limitant les fauches trop fréquentes sur les bords de routes et les espaces verts communaux
- Maintenir des zones humides telles que mares et fossés, qui concentrent les proies dont se nourrit la couleuvre (grenouilles, lézards, petits rongeurs)
- S’engager dans une démarche globale
- Adhérer à la démarche «Territoire engagé pour la nature»
- Intégrer la préservation des reptiles dans son Plan Local de Biodiversité ou son Plan Local d’Urbanisme (PLU)
- Collaborer avec les associations naturalistes locales pour réaliser des inventaires et suivre l’évolution des populations sur le territoire
- Sensibiliser et former
- Installer des panneaux d’information dans les parcs et espaces naturels pour présenter l’espèce et son rôle écologique
- Relayer les ressources et contacts d’associations locales spécialisées dans la protection des reptiles
- Former les techniciens à la reconnaissance des espèces de serpents et à leur écologie. Former les techniciens aux premiers secours à apporter en cas de morsure de vipère.
Les idées reçues
« La couleuvre verte et jaune est venimeuse et dangereuse pour mes animaux de compagnies, mes enfants et moi »
C’est l’une des idées reçues les plus répandues. Cette couleuvre est totalement inoffensive pour l’humain. Elle ne possède pas de crochets à venin. Si elle peut mordre lorsqu’elle se sent menacée, sa morsure n’est pas plus grave qu’une égratignure.
« Elle attaque les humains »
Comme tous les serpents, elle fuit au moindre danger. Elle peut adopter une posture menaçante (corps en S, sifflement) pour impressionner un prédateur, mais c’est une parade défensive, pas une attaque.
« Elle est rare et exotique »
C’est au contraire le serpent le plus commun et le plus répandu du sud de la France — notamment dans votre région de Nouvelle-Aquitaine. Elle affectionne les lisières, les haies, les murets ensoleillés et les garrigues.
« Elle est nuisible et doit être éliminée »
La couleuvre verte et jaune est un prédateur utile qui régule les populations de rongeurs, lézards, grenouilles et insectes. Elle est par ailleurs strictement protégée par la loi française, et il est interdit de la tuer, de la capturer ou de la déranger.
« Elle peut avaler un humain ou un grand animal »
Elle mesure en général entre 80 cm et 1,50 m, et ses proies se limitent à de petits vertébrés.
« Elle est froide et visqueuse au toucher »
Comme tous les reptiles, sa peau est sèche et écailleuse, jamais gluante. Sa température corporelle reflète simplement celle de son environnement, car elle est ectotherme.
Comment aider la couleuvre verte et jaune dans son jardin ?
- Aménager son jardin pour l’accueillir
- Installer un tas de bois en fond de jardin, de préférence dans un endroit ensoleillé. Il constituera un abri idéal pour se cacher et thermoréguler
- Créer un tas de pierres ou un muret en pierre sèche, qui offre des cachettes et des surfaces de chauffe indispensables aux reptiles
- Laisser un coin de jardin en friche, avec de l’herbe haute, des feuilles mortes et de la végétation spontanée. Ce désordre apparent est une aubaine pour la faune sauvage
- Installer une mare, même de petite taille. Elle attirera grenouilles et lézards, qui constituent les proies favorites de la couleuvre
- Planter des haies d’essences locales (prunellier, aubépine, cornouiller…) qui forment des corridors naturels et des zones de chasse
- Adapter ses pratiques d’entretien
- Réduire la fréquence de tonte, en laissant des zones d’herbe haute permanentes ou en décalant les passages de tondeuse au printemps et en été
- Abandonner les pesticides et les produits chimiques, qui détruisent les proies de la couleuvre et contaminent l’ensemble de la chaîne alimentaire
- Ne pas utiliser de rodenticides contre les rongeurs : en éliminant les souris et les mulots, vous supprimez une partie du garde-manger de la couleuvre
- Retourner avec précaution les tas de compost, de bois ou de feuilles, surtout au printemps, pour éviter de blesser un individu qui s’y serait installé
- Éviter de clôturer hermétiquement votre terrain : laissez des petites ouvertures en bas de clôture pour permettre à la faune de circuler librement
- Adopter les bons réflexes au quotidien
- Ne jamais tenter de la capturer ou de la déplacer : c’est une espèce protégée, et toute manipulation sans autorisation est interdite par la loi
- Ne pas la tuer : au-delà de l’aspect légal, la couleuvre rend de précieux services en régulant naturellement les populations de rongeurs et d’insectes
- Apprendre à la reconnaître pour ne pas la confondre avec d’autres espèces et ainsi mieux la respecter
- En parler autour de soi : sensibiliser ses voisins, sa famille ou ses amis contribue à changer le regard souvent négatif porté sur les serpents
- Photographier et signaler sa présence à une association naturaliste locale pour contribuer aux inventaires de biodiversité sur votre territoire
Le SOS Serpent
La couleuvre verte et jaune, une voisine de jardin tout à fait ordinaire
Si vous apercevez une couleuvre verte et jaune dans votre jardin, pas d’inquiétude : sa présence est tout à fait normale. Elle fait partie intégrante de la faune locale, au même titre que la mésange bleue ou le hérisson d’Europe.
Les serpents sont des acteurs essentiels de la biodiversité de nos jardins. Tas de bois, mare, muret en pierre… autant de microhabitats qui leur permettent d’accomplir une partie de leur cycle de vie. Lieu de résidence ou simple corridor de passage, votre jardin constitue parfois le dernier refuge pour ces petits animaux sauvages.
Quelques conseils pour une bonne cohabitation
La couleuvre est une espèce discrète qui n’apprécie pas d’être dérangée. Territoriale par nature, si l’une d’elles quitte votre jardin, une autre viendra probablement occuper son espace.
Pour limiter les rencontres fortuites, privilégiez des zones de vie éloignées de votre habitation : installez votre tas de bois en fond de jardin plutôt qu’adossé à la maison. En période de canicule, une couleuvre en quête de fraîcheur pourrait sinon se retrouver à l’intérieur de votre domicile.
Vous trouvez une couleuvre dans votre maison ?
Pas de panique. Les serpents s’aventurent parfois dans les habitations à la recherche de fraîcheur en été ou de chaleur en hiver. Ils seront certainement aussi surpris que vous de cette rencontre inattendue !
Souvenez-vous : pour eux, vous êtes le prédateur. Les serpents sont des animaux farouches qui privilégient systématiquement la fuite à l’affrontement lorsqu’ils en ont la possibilité. Certains peuvent adopter une posture d’intimidation lorsqu’ils se sentent acculés, mais ils ne sont en aucun cas agressifs par nature.

Voici la marche à suivre
- Éloignez chats et chiens de la pièce
- Évitez tout geste brusque susceptible de l’affoler
- Restez calme et observez-la sans l’approcher
- Prenez une photo et envoyez-la au SOS Serpent de votre département
- Même si vous vous sentez à l’aise, ne la touchez pas : la couleuvre verte et jaune est une espèce protégée et sa manipulation est soumise à des autorisations spécifiques
Si vous souhaitez plus d’informations ou qu’une intervention est nécessaire, contactez le SOS Serpent de votre département
- Ex aquitaine : Cistude Nature : 06 40 98 42 04
- Ex limousin : GMHL : 05 55 32 43 73
- Ex poitou-charente : Charente Nature : mdorfiac@charente-nature.org / mteillagorrycn16@gmail.com
- Hors Nouvelle-Aquitaine c’est ici
La différence entre une couleuvre et une vipère


