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Le sonneur à ventre jaune

Carte d’identité
Nom latin : Bombina variegata
Ordre : Anoures
Famille : Bombinatoridés
Poids & Taille : 15g , 6 cm
Longévité : 9 à 10 ans
Description physique : Le sonneur a un dos marron-gris terne, un ventre jaune vif taché de noir et des pupilles en formes de cœur.
Répartition : Il est présent sur la majeure partie de la France. En Nouvelle-Aquitaine il est très présent dans le Limousin, très rare ailleurs, et absent des Pyrénées.
Alimentation : Il se nourrit d’insectes, de vers, petits crustacés. Les têtards sont végétariens.
Habitat : C’est une espèce à tendance forestière. Il va utiliser des points d’eau de petite taille et bien ensoleillés : mares, ornières, fossés, etc. Il est actif de jour comme de nuit.
Carte d’identité

Comportement : Il est à la fois nocturne et diurne. Lorsqu’il se sent menacé il va présenter son ventre jaune, signifiant qu’il est toxique, pour faire fuir son prédateur (aussi appelé réflexe d’Unken). A terme, il peut libérer un liquide visqueux pouvant irriter les yeux.
Prédateurs naturels : Il est principalement prédatée par les serpents, les oiseaux et les mammifères.

Les menaces qui pèsent sur le sonneur à ventre jaune
Ce crapaud discret, reconnaissable à son ventre jaune tacheté de noir, dépend de mares temporaires peu profondes (ornières, flaques, carrières) pour se reproduire. Plusieurs menaces pèsent aujourd’hui sur ses populations :
- La disparition des zones humides temporaires : L’assèchement, le comblement ou le drainage des mares et fossés réduisent drastiquement ses sites de reproduction, souvent éphémères par nature.
- L’intensification agricole : Le drainage des parcelles, l’usage de pesticides et la suppression des points d’eau dans les paysages agricoles appauvrissent son habitat et contaminent les milieux aquatiques.
- La pollution : Les pesticides, herbicides et autres produits chimiques contaminent les sols, les cours d’eau et les mares où se développent les têtards. Il est particulièrement sensible à la pollution de son environnement. Même à faible dose, ces polluants peuvent affecter sa santé, sa reproduction et le développement des têtards.
- La fermeture des habitats pionniers : Le sonneur colonise volontiers les carrières et gravières actives, qui créent sans cesse de nouvelles mares. Quand l’exploitation cesse et que la végétation reprend, ces habitats se referment et deviennent impropres à la reproduction.
- L’urbanisation et infrastructures : L’étalement urbain et les routes fragmentent les populations, isolent les noyaux de reproduction et provoquent une mortalité directe lors des déplacements.
- Le changement climatique : Des sécheresses plus fréquentes et précoces assèchent les mares avant la fin du développement larvaire, menaçant le succès reproducteur.
Zoom sur
Classement & protection : Il est classé en danger en ex-Aquitaine et en ex-Poitou-Charente. A l’échelle nationale, il est classé vulnérable. A l’échelle mondiale, il est classé en préoccupation mineure.
Réglementation
Le sonneur à ventre jaune est intégralement protégée par la loi française sur la protection de la nature du 10 juillet 1976.
Il est strictement interdit, sur tout le territoire national et en tout temps, de :
détruire, mutiler, capturer ou enlever l’espèce ;
naturaliser, transporter, colporter, utiliser ou commercialiser des individus, qu’ils soient vivants ou morts.
Il est également protégée à l’échelle européenne, étant inscrite à l’annexe II et IV de la Directive Habitats-Faune-Flore et à l’annexe II de la Convention de Berne. Toute manipulation est interdite.
Il a fait l’objet d’un Plan National d’Action entre 2011 et 2015.
Comment aider le sonneur à ventre jaune dans sa commune ?
- Préserver et restaurer les mares communales : Curer, désenvaser ou recreuser des mares existantes maintient des sites de reproduction fonctionnels.
- Adapter la gestion des chemins forestiers et ruraux : Éviter l’empierrement systématique des chemins permet de conserver les ornières, ces flaques temporaires essentielles à la reproduction du sonneur.
- Sensibiliser les agriculteurs locaux : Encourager le maintien de mares de pâture, de fossés et de zones humides bocagères, et limiter l’usage de pesticides à proximité, profite directement aux populations.
- Intégrer le sonneur dans les documents d’urbanisme : Prendre en compte ses habitats dans les PLU ou les projets d’aménagement évite la destruction involontaire de sites de reproduction.
- Travailler avec les exploitants de carrières : Les anciennes carrières et gravières, lorsqu’elles sont aménagées avec des mares peu profondes plutôt que remblayées, deviennent de véritables refuges pour l’espèce.

Comment aider le sonneur à ventre jaune chez soi ?

- Créer un point d’eau peu profond : Utilisez un bac à fleurs enterré avec une petite rampe. L’essentiel : une profondeur de 20 à 50 cm maximum, bien exposée au soleil, sans poissons.
- Ne pas les déranger ni les toucher : La peau des amphibiens est très perméables et les crèmes, savons et bactéries peuvent la fragiliser.
- Créer un coin sauvage à proximité : Un tas de bois mort, des pierres ou une zone non tondue près du point d’eau offrent un refuge terrestre pour l’espèce.
- Limiter l’usage des produits chimiques : Évitez d’utiliser des produits toxiques, il existe des alternatives aux produits chimiques
- Signaler sa présence : Si vous l’observez, transmettez l’information à une association naturaliste : ces données alimentent les suivis de population. Les suivis POPAmphibiens.

